La norme 802.3af (PoE) fournit jusqu'à 15,4 W au port côté injecteur, pour environ 12,95 W réellement disponibles sur l'appareil. La norme 802.3at (PoE+) monte à 30 W au port, soit près de 25,5 W utilisables. Pour une caméra fixe classique, l'af suffit largement. Dès qu'un PTZ, un éclairage infrarouge puissant, un chauffage de caisson ou un point d'accès Wi‑Fi gourmand entre en jeu, l'at devient nécessaire.
En bref:
- Pour les caméras fixes sans fonction énergivore, le PoE suffit souvent, alors que le PoE+ devient indispensable pour des équipements PTZ ou avec IR puissant.
- Il est crucial d’ajouter une marge de 20 à 30 % lors du dimensionnement du budget PoE, car la puissance réelle peut dépasser celle indiquée par le fabricant.
- Vérifier la consommation réelle des appareils et la négociation du port sur le switch évite la surcharge et les pannes d’alimentation.
- L’installation doit respecter la limite de 100 mètres entre switch et appareil, ou prévoir un répéteur ou un commutateur intermédiaire pour de longues distances.
Table des matières
- Poe af vs at : ce que disent vraiment les chiffres
- Quels équipements choisir entre PoE et PoE+ ?
- Comment dimensionner correctement une installation PoE
- La checklist avant de commander votre matériel PoE
- Ce que l'expérience terrain change dans le choix af ou at
- Un audit PoE avant de commander votre matériel
- Pour aller plus loin sur les normes PoE
- Sources
- Questions fréquentes
Poe af vs at : ce que disent vraiment les chiffres
Comparer deux normes PoE sans parler de la puissance réellement livrée à l'appareil, c'est passer à côté du sujet. La puissance annoncée côté PSE (l'équipement qui injecte le courant, typiquement un commutateur) n'est jamais celle qui arrive côté PD (l'appareil alimenté, la caméra ou le point d'accès). Entre les deux, le câble grignote une partie de l'énergie, surtout sur les longues liaisons.
Le référentiel technique de l'ITU pose les valeurs de référence : la norme 802.3af délivre 15,4 W au PSE avec une tension comprise entre 44 et 57 V, pour environ 12,95 W garantis au PD. La 802.3at grimpe à 30 W au PSE, avec une tension de 50 à 57 V, pour près de 25,5 W au PD. Cet écart entre puissance injectée et puissance utile explique pourquoi deux installateurs peuvent se tromper en dimensionnant uniquement sur la fiche PSE d'un switch.
| Norme | Puissance au PSE (W) | Puissance utile garantie au PD (W) | Paires utilisées | Appareils typiques |
|---|---|---|---|---|
| 802.3af (PoE) | 15,4 W | ≈ 12,95 W | 2 paires | Téléphones VoIP, caméras fixes, capteurs |
| 802.3at (PoE+) | 30 W | ≈ 25,5 W | 2 ou 4 paires | Caméras PTZ, IR puissant, points d'accès Wi‑Fi |
Les deux normes partagent aussi un mécanisme de classes de puissance, qui sert à la négociation entre le PSE et le PD. Un commutateur compatible PoE+ peut détecter un appareil 802.3af et lui allouer automatiquement la bonne classe, sans jamais le surtensionner. Cette rétrocompatibilité repose sur une phase de détection par signature électrique, puis, sur les équipements récents, sur une négociation via LLDP ou CDP qui affine l'allocation en temps réel. Concrètement, vous pouvez brancher un ancien téléphone af sur un port PoE+ sans risque : c'est l'appareil qui définit ses besoins, jamais l'inverse.
Quels équipements choisir entre PoE et PoE+ ?
Le choix entre af et at dépend presque toujours du type d'appareil et de ses options embarquées, plus que de la norme elle‑même. Un installateur qui coche systématiquement la case PoE+ par sécurité n'a pas forcément tort, mais il paie parfois pour une marge inutile.
Voici la répartition qui revient le plus souvent sur le terrain, en vidéosurveillance et en réseau d'entreprise :
- Téléphones VoIP de bureau : la norme PoE standard convient souvent.
- Caméras fixes sans chauffage ni IR longue portée : la norme PoE standard convient généralement.
- Caméras multisensor, dômes avec IR puissant ou chauffage antigel : PoE+ est recommandé.
- Caméras PTZ avec moteur de rotation : PoE+ est généralement nécessaire.
- Points d'accès Wi‑Fi récents : PoE+ est recommandé, parfois une puissance plus élevée peut être nécessaire.
Pour la vidéosurveillance professionnelle, le document technique de Cisco sur l'usage du PoE en entreprise confirme cette logique : le PoE standard couvre les caméras fixes, tandis que le PoE+ devient nécessaire dès que l'appareil embarque des fonctions énergivores. Conseil de pro : ne vous fiez jamais à la seule fiche produit du fabricant. Relevez la consommation réelle du PD indiquée sur l'étiquette ou la documentation technique, puis ajoutez systématiquement 20 à 30 % de marge avant de choisir votre alimentation. Une caméra donnée pour 11 W en théorie peut consommer davantage au démarrage, surtout en hiver.
Comment dimensionner correctement une installation PoE
Le calcul du budget PoE reste l'étape la plus souvent négligée sur un chantier, et c'est souvent celle qui provoque les pannes intermittentes une fois l'installation en service.
- Listez chaque appareil PD et sa consommation maximale déclarée, pas la moyenne.
- Additionnez ces valeurs, puis ajoutez une marge de 20 à 30 % pour couvrir les pics de démarrage, comme le recommande le Fs.
- Comparez ce total au budget PoE global du commutateur, pas seulement à la puissance par port : un switch peut annoncer 30 W par port tout en plafonnant à 370 W au total sur 24 ports.
- Vérifiez la catégorie de câble : un Cat5e correctement posé tient les 100 mètres réglementaires, mais les pertes augmentent avec la distance et la température ambiante.
- Testez la négociation réelle une fois l'appareil branché, via les journaux du commutateur, pour confirmer la classe allouée.
Au‑delà de 100 mètres, la seule solution fiable reste d'insérer un répéteur PoE ou un commutateur intermédiaire. Étirer un câble plus loin en espérant que la caméra fonctionne quand même, c'est le genre de raccourci qui finit en intervention de dépannage.
Conseil de pro : si un port PoE+ refuse d'alimenter un appareil pourtant compatible, vérifiez d'abord les journaux du commutateur avant de suspecter le matériel : un budget PoE global saturé provoque exactement ce symptôme, comme le documentent les notes techniques de Cisco sur les commutateurs Catalyst 9300.
La checklist avant de commander votre matériel PoE
Avant toute commande, une vérification structurée évite les allers‑retours coûteux entre le magasin et le chantier.
- Recensez tous les PD à alimenter et leur classe de puissance.
- Vérifiez la puissance PD garantie de chaque appareil, pas la puissance PSE affichée par erreur.
- Additionnez la consommation totale et appliquez la marge de 20 à 30 %.
- Choisissez un commutateur dont le budget PoE global couvre cette somme, avec des ports libres pour l'évolution.
- Contrôlez la catégorie et la longueur de chaque tirage de câble.
- Testez chaque port à la mise en service avec un testeur PoE dédié, en complément d'une inspection visuelle des connecteurs.
Gardez toujours quelques ports et quelques watts de réserve sur le budget global. Un site qui ajoute une caméra PTZ deux ans après l'installation initiale ne devrait jamais nécessiter de changer le commutateur.
Ce que l'expérience terrain change dans le choix af ou at
Après 18 ans à concevoir et installer des systèmes de sécurité électronique, une chose devient évidente : la théorie du dimensionnement PoE tient rarement compte des conditions réelles d'un site. Sur la plupart des chantiers récents, Alarmexpert privilégie désormais le PoE+ par défaut, même quand l'af technique suffirait au jour de la mise en service.
La raison est simple. Un client qui ajoute une caméra PTZ, un chauffage de caisson en extérieur ou un point d'accès plus puissant deux ans plus tard ne doit pas repartir sur un nouveau devis d'infrastructure. La marge coûte peu à l'installation, elle évite beaucoup en exploitation. En hiver ou sur des sites exposés au froid, une caméra chauffante peut solliciter un pic de consommation que l'af ne couvre simplement pas : mieux vaut vérifier la classe de puissance sur site avant toute mise en service plutôt que le découvrir lors d'une panne à moins dix degrés.
— Valentin BURGARD
Un audit PoE avant de commander votre matériel
Choisir entre af et at sur le papier est une chose. Vérifier que votre infrastructure existante tient réellement la charge en est une autre, surtout quand plusieurs caméras, points d'accès et contrôleurs partagent le même commutateur. Alarmexpert réalise l'audit énergétique de votre installation PoE avant tout achat : recensement des appareils, calcul du budget réel, choix du commutateur adapté et vérification du câblage existant.
Ce diagnostic évite d'acheter un matériel surdimensionné ou, pire, sous‑calibré pour vos caméras et vos futurs points d'accès. Nos équipes interviennent ensuite pour la fourniture, l'installation et les tests de mise en service, avec un audit et une installation d'alarme professionnelle pensés pour durer. Pour aller plus loin sur le dimensionnement de votre vidéosurveillance, consultez notre guide vidéosurveillance entreprise ou demandez directement un devis pour votre installation d'alarme en entreprise.
Pour aller plus loin sur les normes PoE

Les normes IEEE 802.3af, 802.3at et leur évolution PoE++ (802.3bt) restent documentées dans les ressources techniques de Fibresplitter et dans le guide de calcul de budget PoE de FS.com, utiles pour vérifier vos propres calculs de dimensionnement.
Sources
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre PoE et PoE+ ?
Le PoE (802.3af) fournit jusqu'à 15,4 W au port, soit environ 12,95 W utilisables au PD. Le PoE+ (802.3at) double presque cette capacité, avec 30 W au port pour près de 25,5 W au PD, ce qui le rend indispensable pour les PTZ, l'IR puissant ou les points d'accès gourmands.
Qu'est-ce que le PoE actif et passif ?
Le PoE actif désigne les normes 802.3af et 802.3at, qui négocient la puissance avec l'appareil via une détection de signature avant d'alimenter le port, protégeant ainsi le matériel non compatible. Le PoE passif injecte du courant en continu sans négociation, ce qui impose de vérifier manuellement la compatibilité de chaque appareil avant branchement.
Quelle est la limite de distance pour le câblage PoE ?
La limite standard reste 100 mètres sur un câble Ethernet en cuivre, conformément aux normes af et at. Au‑delà, un répéteur PoE ou un commutateur intermédiaire est nécessaire, car les pertes réduisent la puissance disponible côté PD.
Faut-il toujours choisir le PoE+ pour une caméra de vidéosurveillance ?
Non : une caméra fixe standard fonctionne très bien en 802.3af. Le PoE+ devient nécessaire pour les caméras PTZ, les modèles avec IR puissant ou chauffage, et pour de nombreux points d'accès Wi‑Fi récents.
Comment calculer le budget PoE d'un commutateur ?
Additionnez la consommation maximale déclarée de chaque appareil connecté, ajoutez une marge de 20 à 30 %, puis comparez ce total au budget PoE global du commutateur, pas seulement à la puissance maximale par port.

